Publié : 5 janvier 2006

Le sapin de Noël

LE SAPIN DE NOÊL


- John ! Rentre à la maison ! Il est trop tard pour accrocher des guirlandes à ce fichu sapin ! Je te l’avais pourtant interdit ! Viens ici !
- Mais depuis que maman et papa sont morts tu ne m’as jamais laissé le décorer !
- Pour moi Noël n’est pas une fête et tu le sais très bien ! Je te rappelle quand même que tes parents sont décédés en cette période !
- Je le sais ! C’est une chose qui ne s’oublie pas !!! D’ailleurs demain tous les enfants recevront des cadeaux et seront heureux sauf moi !
Furieux, le petit partit dans sa chambre sans ajouter un mot.

Vers trois heures du matin, il se réveilla. Comme il ne parvenait pas à se rendormir, il décida de retourner dans le jardin malgré l’interdiction de sa Tante et l’état de fatigue dans lequel il se trouvait.
Dans la nuit sombre, il aperçut sur le tronc de l’arbre une goutte d’eau s’échapper d’une immense plaie dans l’écorce. Pendant un instant il eut l’impression de rêver. Mais ce n’était pas le cas.
Il examina la plaie de plus près et vit de nouvelles gouttelettes couler le long du tronc. Incontestablement elles venaient de l’entaille comme s’il pleurait.
Perturbé, il alla se coucher. Il ne s’endormit pas facilement ; il pensait à ses parents et au sapin.

Le lendemain matin il se réveilla assez tard, fatigué. Il se précipita cependant au pied de l’arbre. Les années précédentes il n’avait reçu aucun cadeau mais cette année il en avait un. Il arracha avec enthousiasme l’emballage. Il découvrit avec émotion une photo de ses parents et de lui. Rien n’aurait pu lui faire plus plaisir. Il ne put donc retenir ses larmes...Au même moment, il s’aperçut qu’une flaque d’eau s’étalait à ses cotés. Il leva les yeux et constata avec stupeur qu’elle jaillissait dela même fissure que la nuit dernière. Il eut la sensation que la mort de ses parents et les larmes du sapin étaient liées, et il en fut totalement persuadé lorsqu’il regarda de nouveau la photo : son père, sa mère et lui étaient appuyés sur un sapin qui avait en plein milieu du tronc une immense plaie...Il sourit.

Depuis ce jour, John ne cesse de repenser à cet étrange souvenir sans jamais pouvoir l’expliquer...

Audrey et Virginie